Epanchements et réflexions d'une artiste indépendante,

hypersensible et hyperpensante

#6 Facebook m'a tu... et...

05/12/2017

ça lui pendait au F... Je le quitte. Avant hier, il m'a plongé dans un blues aussi ridicule qu'effrayant. Il me déprime, me rabaisse, me met dans des états à faire peur, il gaspille mon énergie et nourrit mes frayeurs, et pourtant, j'y retourne. J'en ai besoin. Pas moi. Ma carrière. Tout se mélange...

 

C'est ridicule quand on y pense. Mais c'est vrai. Ce qui est sensé être un outil de promo extraordinaire, un portail pour des inspirations et une plateforme de démarchage dépassant toutes les limites se transforme en diffuseur et amplificateur de tout ce que les autres réussissent, et que j'estime échouer. Oui c'est tragiquement ridicule... et triste.

 

Aveu de faiblesse, d'égo et de fatigue. Il faut être bien accroché à ses racines pour gérer les réseaux sociaux. Il est évident qu'en ce moment pour moi c'est dur. Et donc, plutôt que mes racines s'accrochent à Facebook, j'aime autant leur trouver autre chose.

 

On peut le consommer s'il est de bonne qualité, choisir ses usages, mais ne pas sombrer dans l'excès. Oui, évidemment.... Et pourtant.... Sur une journée, il est mon premier et mon dernier contact. Si le lieu existait, je m'y rendrai discrètement planquée sous mon bonnet. "Bonjour, je m'appelle Mary Reynaud, et je suis Social-Networkic. Sobre depuis 6 minutes."

 

Mais enfin je n'ai pas le choix, je suis musicienne indépendante moi!!!! Je dois faire ma promo toute seule. C'est d'ailleurs un compte professionel. Pas de vacances, de sapin de Noël, de premières neiges ou de photos de mon chat (Ah si quand même, mon chat!!!) Je réseaute, je post, je like, j'invite, je publie, je check, je commente et relance sur les fils d'actualité, je participe, je soutiens les autres en likant, je contrôle, je screenshote pour me souvenir d'un lieu, je tag, j'identifie, je nomme le lieu, je modifie, je mets à jour, je m'inspire, je note, je prends contact, je démarche, je me prends des vestes, on ne me répond pas, on m'ignore, on m'oublie, on ne voit pas mon post, c'est foutu, voilà, buzz loupé car personne n'a liké et partagé dans les 1

3 premières minutes, on ne le voit plus, il est perdu, il n'existe plus, je n'existe plus.

 

Je n'existe plus. Bribes de conversation avec l'entourage sur mon pétage de boulons. "Mais Mary en tant qu'artiste si tu n'es plus sur Facebook, tu n'existes plus!" Merde. Bon Dieu mais c'est que c'est vrai en plus. Certes, dans le cadre d'une carrière musicale et artistique indépendante. Mais moi justement, ma carrière artistique, c'est tout mon coeur, toute mon énergie, tous mes sacrifices, toute ma vie. Donc, je n'existe plus. CQFD

 

"Indépendante" justement. Mon Q (ou)I ! Je ne me suis jamais sentie aussi dépendante de tout mon réseau, mes amis, ma famille, mes collègues qu'en tant qu'artiste indépendante. J'ai l'impression de saouler tout le monde, tout le temps, pour venir à mes concerts, partager mes clips, écouter ma musique. Tellement que... je n'ai pas fêté mes 30 ans!!! Je me suis dit "Non mais je les ennuie déjà bien assez avec ma musique, je vais pas non plus les saouler un week end de plus pour m'honorer, me faire des cadeaux et des surprises, je les ai déjà trop sollicités" Je suis SURE que ça, c'est un syndrôme universel des artistes "indépendants" d'ailleurs. Vous me direz ceux qui lisent ces lignes. Organisez-vous des fêtes en votre honneur? ;)

 

Ridicule oui, je sais.

 

Oh je n'ai pas toujours été comme ça, c'est peut être la trentaine, l'envie que les choses bougent, et comme je n'ai pas du tout envie que ça bouge entre mes ovaires, c'est plutôt dans ma carrière que je vise le mouvement. Les problèmes de thyroïde qui m'ont énormément affaiblie n'ont pas aidé aux mouvements justement, j'étais donc encore plus accro de voir si mes actions "virtuelles" fonctionnaient sur la toile.  Et puis en fait je me rendais surtout compte que ça bougeait beaucoup oui, mais sans moi. Enfin, selon mes critères d'amplitude de mouvement évidemment

 

Car qu'on y réfléchit, ça bouge beaucoup quand même!!! Je n'arrête pas! Mais j'ai le cerveau et les yeux ramollis par les écrans de téléphone et d'ordi, je me suis mise dans une bulle où je perds la boule. Le réseau social m'a aspiré au lieu de m'inspirer.

 

J'ai fait deux/trois rêves qui au lieu de se dérouler en 3D étaient, tenez-vous bien... en SCROLLING!!! Les actions défilaient de haut en bas et je scrollais comme sur un smartphone! Merde!! C'est grave là!!!

 

Merde! Oui je dis beaucoup "merde" dans la vraie vie... Mais enfin NON!!! Je n'arrive pas à croire que je suis inintéressante!! Je les vois bien moi les gens perdus dans le bar avec la mine grise, qui n'en avaient rien à foutre de mon concert et repartent avec un CD et le smile! Je les vois bien les sourires heureux quand je chante ou raconte une histoire devant 4 pélos ou 800 couche-tards! Je les vois bien les rockeurs-pas-venus-pour-ça qui écoutent religieusement mes chansons quand je suis toute seule avec ma guitare. Zob! (oui je dis aussi beaucoup "zob" dans la vraie vie... c'est très vulgaire mais bon... j'ai décidé que sur ce post je faisais comme si on discutait sur mon canapé. avec une tisane..) C'est agaçaaaaaaaaaaaaaaant!!!!!

 

Ce qui est étrange, c'est que je ne me mets que dans la sphère de mon projet perso en résonant ainsi. Je ne pense pas Franck Carducci Band, avec qui ça marche, ça tourne, c'est (un peu reconnu) et tout ça tout ça. J'ai de la peine pour MON projet. Je pourrais utiliser les good vibes que je reçois avec Carducci pour les insuffler dans la considération de mon projet justement. Mais là, c'est un boulot de gestion interne et méditative. Je vais y travailler, c'est promis.

 

Finalement, c'est une lutte perpétuelle. Un défi si on est bien, une lutte si on l'est moins, La frontière entre les deux est mince, et c'est fatigant. Alors quand la fatigue atteint les sommets (merci notre gouvernement pour le changement un peu trop discret du Levothyrox...), on ne voit que le côté "combat" de la chose.

 

Et moi le combat je n'aime pas ça, il faut donc prendre des mesures.

 

Une chose est sûre, si je n'étais pas musicienne et que je n'avais pas BESOIN de ce réseau, la décision de le quitter serait bien plus simple. Ou alors peut être que je n'en serais pas aussi addict aussi...

 

On verra bien où ça mènera.

 

Facebook, fout moi la paix ces quelques semaines de décembre, rdv en 2018.

 

Mary

 

 

PS : Et pour ceux que mon dessin dérangent, de toutes façons Jésus-Christ est un hippie, c'est bien connu.... Et moi, c'est représenté les bras grands ouverts ou aux côtés de sa femme Marie-Madeleine que je le préfère... 

 

 

 

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