• Mary

#19 Confinement J20 : Je parle à ma vitre, et je vais bien

Mis à jour : avr. 7


Revenons au matin du J11. Je me lève tôt, j’ouvre les volets, le soleil plonge dans mon nid et le verdict tombe : Mary, il faut laver les vitres, ou tu ne verras bientôt plus tes bois chéris. J'approche, le doigt sur la gachette du spray Maison Verte. Puis, je la vois. Là en face de moi. Yram, ma voisine de l'autre côté de la fenêtre ! "Oh! Bonjour! Ça faisait longtemps! Oui... je ne sors que tôt le matin, pendant quelques minutes… Tu vas bien? Tu as bonne mine!... Oui super! Et toi? Oh, bof, le monde est fou..."


Je décharge donc mon arme et me pose. 5 minuuuuutes! On ne va pas se priver d’une petit papotte en ces temps de confinement ! S'en suit une douce conversation... ou confession. Le virus, la gestion étrange des autorités, l’avis des autres, leurs colères et frustrations crachées sur la toile, l’habitude que j’essaie de ne pas installer, la méditation, les rituels, les promenades autorisées entre les barbelés des autorisations... Bon, et puisqu'on est juste entre nous Yramichou (oui elle a un surnom d'Amour), je t'avoue tout.


Ecoute... Aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis très sereine, voire même parfois euphorique de ce qui se passe. Je crois que l'Univers m'a préparée depuis longtemps à tout ça. Le chapelier fou aussi. It's Time... Time... Time... Time...


Non je n’ai pas peur. Malgré les discours officiels, les inquiétudes des uns, les déceptions des autres, les pertes de neurones de la majorité facebookienne, les papiers à signer avant de sortir… Je n’ai pas peur. Je sais depuis longtemps. Depuis mon adolescence. J’ai souvent visualisé ces instants. L’Univers m’y prépare depuis des années. De stage en méditation chez les bouddhistes tibétains, en promenade en forêt, de formations en chromothérapie en rituels chamanique, de décès prématurés, retrouvailles d'âmes soeurs, en voyage solo au bout du monde… par des convalescences forcées ou isolations choisies.... En choisissant de toujours essayer de comprendre ce qui m'arrivait, de ne pas rentrer dans le moule que la société m'imposait, en embrassant ma liberté j'ai choisi depuis longtemps la préparation que l'Univers me proposait. Oui le monde change, et même si c'est dans la douleur, je n'ai pas peur.


L’année dernière est un excellent exemple. Confinée un mois sur mon canapé, allongée, sans bouger, sans rigoler, sans tousser, sans respirer trop profondément pour remettre une côte déplacée + déchirure instercostale. Annulation des concerts, déplacements impossibles sauf chez les médecins, pas de voiture. Tu te souviens Yram ? Je ne pouvais même pas me lever pour venir taper la causette avec toi à la fenêtre. J’ai eu le temps de réfléchir, d’accueillir. Et après la tempête sociale due à l'annonce des mauvaises nouvelles, j’étais bien. A la question "tu ne t’ennuies pas ?" Non, je suis bien. J’embrasse ce temps pour me poser sans dead line, pour me laisser aller sans contraintes. Ce confinement 2019, j'ai réussi à l'aimer. Alors celui de 2020 où je suis en bonne santé, c'est un sacré bonus! Je peux faire tellement de choses!


Confinement ou pas, mes journées je les passe souvent dans le silence. Une musicienne ? Dans le silence ? Oui. Des concerts de silence. Comme ça on s’entend mieux avec Yram (et les autres). Et j’ai souvent souhaité que TOUT LE MONDE expérimente ceci. De la même manière que j'ai souvent souhaité que TOUT LE MONDE aille voir de ses propres yeux un pays sous-developpé et pauvre. Les consciences et le monde changeraient très rapidement. Mais ce n'est pas demain la veille que les gouvernements imposeront ça à leurs jeunes concitoyens. Or la Terre bouillonne, et la Cinquième dimension frappe à la porte. Alors, hop, un gros virus. Hop, tout le monde chez soi, face à soi-même. Hop, l'heure de vérité. Hop! Halte! Une halte! C'est salvateur une halte. Quand j'entends "halte" je pense à une auberge sur les longs chemins d'antan, pour faire reposer les chevaux, dormir un peu et manger un bout de pain et de fromage, regarder le paysage. C'est doux une halte.


Nous voici donc dans nos auberges intérieures. Dubitatifs, soulagés, paniqués, résignés ou heureux. Et on réfléchit... Oui, certes dans la douleur. Bah oui, je sais, ce n'est pas drôle d'être coincé chez soi, je comprends. Moi j’ai été confinée avec une côte tordue. C’était dans la douleur, je ne pouvais même pas rigoler aux super blagues de ma soeur.... Mais, j’ai décidé que j’avais quelquechose à apprendre de cette expérience. J'ai donc analysé la situation et j'ai bien cherché... "Mary, coincée chez toi, couchée, que peux tu faire que tu n'as pas le temps de faire d'habitude?". J'ai trouvé, j'ai fait, et j'ai aimé. Je suis sortie de cette période riche et reconnaissante.


(Attention, moment sérieux, inspirez profondément... Allez on se redresse et on écoute/lis! Et réalignez vos chakras bordel de z.. ! Je vous parle d'âme à âme!)


Terriens, ouvrons nos esprits. Ne cherchez pas votre bonheur primaire ailleurs qu’en vous-même. Si votre source de bonheur est extérieure, on peut vous l’enlever à tout moment. A l’intérieur, personne ne peut vous l’enlever (et du coup, c’est super pratique pour le confinement!). Ce concept il m'est apparu et je l'ai décidé pour moi-même quand mon père nous a quitté violemment d'une crise cardiaque, sans aucun antécédent médical en 2007. A ce moment là j'étais au Vietnam. J'ai eu 72h pour me préparer à revenir en France. Une véritable bénédiction. Je suis allée de temple en chapelle, de discution en discution. Et là bas en préparant mes valises et mes armes de lumière, j'ai pris une décision : maintenant qu'une partie de mon monde s'était écroulé, je construirai mon nouveau monde sur mes propres piliers, bien solides, bien à moi. Pas sur ceux de quelqu'un d'autre. Je prends en main mes fondations. Les frontières de ce nouveau monde restent ouvertes bien sûr... Mais les demandes de visa sont obligatoires et étudiées avec soin.


L'Univers m'a préparé à ça oui, mais pas uniquement pour ma pomme, pour pouvoir aider les autres aussi. Je vous dis tout ça car il parait que je dois transmettre, partager. ça ne me semblait pas nécessaire vu tout ce que je vois passer. Et puis pas envie de tomber dans le cliché spirituello-démago ... Mais les signes sont nombreux. D'abord le chaman en janvier me l'a dit (le chaman?? Ouais je vous expliquerai...), mes guides dans mes méditations me l'ont dit (tes guiiiiides? mais genre comme en randonnée? Euh... presque oui), l'oracle de Gaïa me l'a dit (un oraaacle? Qui fait des cookies comme dans Matrix?), l'oracle des cristaux aussi (....mais non ce sont des cartes espèce de nouille!), un grand sage de Caluire me l'a dit (ah ouais? Il prend cher pour ses consultations?) et pour finir, et même le Yogi Tea s'en est mêlé et me l'a dit... (ah bah là... d'accord).


Quoiiiiiiiiiii??? Vous raconter ma vie de prêtresse d'Avalon? D'Atlante réfugiée? De fée aux ailes coupées? De mage corrompu en rédemption? De sorcière brulée? De pléiadienne exhilée? Les chakras? Le hara, la grille cosmique, les vortex d'énergie? Les voyage astral, les vies antérieures, les cristaux, les portails, les discussions avec des êtres de lumière, les 12 rayons sacrés, les guides, la Source des Sources... Tout ça?


Mais Yram... j'ai bien peur que si je dis tout, ils vont me prendre pour une félée en quête d'une totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge reminescent... (#lesvraissavent). N'oublie pas qu'ils me croient juste chanteuse et musicienne.


Et bien tant pis. C'est toi, c'est Mary. Et "bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière", Michel Audiard. Soit.


* * * * * * *


J17. Ballade en forêt, en toute légalité. Je marche activement, les bois sont dans la résidence de mon immeuble, je suis à moins d'1km de chez moi, j'ai une attestation dans ma poche pour activité physique. J'ai croisé 3 personnes au loin (contre une cinquantaine en allant faire les courses la veille... Cherchez l'erreur).


30 minutes plus tard. Arrêt contre un tronc d'arbre, face au soleil, en toute illégalité. Je ne fais pas de courses, je ne sors pas le chien, je ne fais pas d'activité physique, à moins que la méditation ne soit devenue un sport. Je suis dans un coin ou personne ne peux me croiser. Il parait que je suis en train de mettre en danger ma vie et celle d'autrui. Oui, mais non. Pas là non. Vu la fréquence vibratoire qui est train de pulser dans mes veines et mes cellules, le danger, je ne le crée pas monsieur l'agent. Je le transmute, loin de tous.


Je prends une grande inspiration, je m'enracine à la Terre d'un côté, je me connecte au soleil de l'autre ("Roots deep in the ground and head high in the sky" ma chanson 3 chords & the truth pour ceux qui suivent....). Pas besoin de faire trop d'effort de visualisation en ce moment, c'est fastoche. Le fil doré qui part de mon chakra de base pour aller au centre de la Terre se déroule aussi vite qu'une pelote de laine poussée par un chaminou du haut de l'escalier! J'inspire du soleil, je le laisse entrer en moi et tout nettoyer, tout illuminer. Je remercie l'Univers et tous les êtres de me permettre de vivre ce confinement de manière si paisible.


Réalisez vos désirs - Esther & Jerry Hicks

J'aime cet état. Je l'ai toujours aimé. Profondément. J'aime cette halte pour savourer la transformation, j'aime la contemplation, j'aime la décantation, j'aime écouter quand le mental se tait. J'aime prendre soin de mon bien être physique et spirituel. En marchant dans mes bois, en bichonnant mes plantes et mes cristaux, en faisant du yoga, en tirant des oracles, en méditant, en lisant des livres, beaucoup de livres... Des enseignements, humains ou pas. Impossible de lire autre chose en ce moment. Toutes ces actions pour lesquelles j'essayais de me driver, penser à les faire ou culpabiliser de ne pas les faire... elles me sont aujourd'hui naturelles et presque addictives. Tellement... que je ne peux imaginer ma vie autrement. A l'instant T, je n'arrive pas à me voir démarcher des concerts, faire de la promo, enregistrer, partir jouer, faire de la pub pour les événements... faire de la Musique. Et oui, je n'ai pas envie de faire de musique. C'est dingue. J'ai à peine touché un instrument en 3 semaines. Je sens dans mes cellules que ce ne serait pas juste. Car là, je le ferais pour l'ego. Pour me dire que je l'ai fait. Mais pas car quelque chose veut sortir. Pas pour m'exprimer. Je le ferais pour créer du contenu, nourrir la bête du Gevaudanfacebookienne. Et je n'ai pas envie de ça. Je suis sur une autre forme de création... C'est interne, dans mon coeur et mon âme. Comme si je travaillais sur ma matrice créatrice, celle à l'origine de toute chose. Il se crée des pensées, des idées, des révélations, des enseignements... mais sans que je sois dans l'action. Comme si une mise à jour de la future version de moi-même se téléchargeait, tranquillement. Et quand une mise à jour se télécharge sur nos ordis... qu'est ce qu'on fait? Et bien rien, on ne fait rien. On attend car ce n'est pas vraiment le moment d'ouvrir 10 fenêtres et faire ramer la babasse.


Cela tombe bien, je veux juste regarder les fleurs de mon jardin intérieur pousser, sentir ma cage thoracique se déployer fièrement à chaque inspiration, si heureuse de guérir. C'est comme si ma côte qui était auparavant toute tordue me dit avec la voix de Christiane l'esthéticienne "t'as vu comme j'ai fait des progrès? J'm'amuuuuuse!!!"

(#lesvraisquiconnaissentlesbronzésfontduskisavent). J'aime regarder les abeilles et les papillons butiner pendant mes promenades, sentir mon corps qui se réapproprie ses sensations après des années de souffrance. Je veux écouter le Jiminy Cricket de mon coeur me donner quelques clefs de la vie. Je veux partir dans l'astral et discuter avec mes amis de cette vie ou d'ailleurs, apprendre des choses nouvelles et d'autres ancestrales, pour ensuite replonger mes racines dans la Terre et les faire frétiller, pieds nus dans l'herbe. Tout ceci, je l'ai toujours fait, tout au long de ma vie. En pleine conscience. Mais c'était plutôt en pointillés. Avec parfois de loooooongues lignes salvatrices. Mais là, je le fais au quotidien. Je n'ai jamais passé autant d'heures de la journée en pleine conscience, pendant tant de jours d'affilé. Et en pleine conscience, voici ce que j'entends comme directives :


"Messages Lumière" cartes - Mario Duguay

"Il n'y a rien à faire. Juste être. Tout est bien. Tu as fait les choix qui t'ont amené à vivre cette période ainsi, alors vis-la pleinement. Sois".


Je le sais depuis longtemps. Mais les concepts, ça va, ca vient. Seulement là... je la vois cette vie paisible avec des créations de toutes sortes, musicales et autres qui canalisent mes énergies et paient les quelques factures d'une maisonette autosuffisante, la douceur de vivre, aucune attente, des chats à gratouiller, des poulettes à bichonner. Un studio, un atelier, un jardinet...

Feignantise? Lacheté? Manque d'ambition? Ces rappels de notre exigeant 21ème siècle qui hurlaient dans mes oreilles se transforment aujourd'hui en tout petits murmures. Dans "La belle verte", ils y arrivent bien. Et ils sont tellement heureux.


Bien sûr, aujourd'hui c'est facile de penser comme ça... car justement il n'y a aucune tentation! Presque tout est fermé. Mais après? Quand la vie reprendra, oublierai-je cette Mary?


Je bénis le Corona virus qui m'offre tout ça... (Par "bénédiction", je veux pas dire que je me met un chapeau zarbi sur la tête et que je le salue de mon balcon avec deux doigt en l'air hein... C'est plutôt "Je te remercie de toute mon âme, je t'envoie de l'Amour, j'éprouve une profonde gratitude et un profond respect à ton égard". Voilà. Compris? Alors, je continue.). Je bénis le Corona virus pour cette halte, je bénis les personnes qui travaillent encore et qui me permettent d'aller acheter à manger, me connecter au web pour papoter, jeter mes poubelles en toute trabquilité. Je bénis les âmes qui quittent leur corps et s'élèvent, je bénis ceux qui ont contracté le virus, écoutez le, la "mal à dit" à quelque chose à vous dire d'important. Je bénis ma Caroline avec qui j'échange à coeur ouvert presque H24 sur tout ceci, je bénis Angélique de Coyogis de me donner rendez-vous tous les soirs à 18h30 et me permettre de redécouvrir les sensations de mon corps si longtemps meurtri (live sur insta et facebook tous les soirs!). Je bénis le personnel soignant d'avoir fait ces choix de vie. Je prends des forces, et à mon tour, je rendrai cette énergie. Par contre, Je ne bénis pas le gouvernement français... non,pas là non. Mon Amour inconditionnel ne va pas encore si loin. Mais... je ne sais pas encore ce que je vais faire d'eux dans mon coeur, je ne traite pas encore ce genre de dossier dans mes méditations. La guillotine de Lumière, ça existe? Oops...


Les consciences s'éveillent, les connexions se (re)font. Je ne serai plus la même. Je ne le suis déjà plus. Je suis un foetus bien au chaud dans mon cocon, en pleine gestation de sa prochaine vie. J'ai tout ce qu'il me faut là, de l'Amour, des nutriments, des enseignements, des souvenirs. Mais quand le mental s'en mêle... j'ai peur de sortir. Alors j'espère qu'un ange blond aux ailes lumineuses viendra me chanter des mots doux pour me rassurer. (ouuuuuhouuuuhouuu).(#lesvraissaventaussi)


Je ne sais combien de temps va durer cet état et sur quoi il débouchera. Peu importe, je le vis, et je serai heureuse de relire ces lignes dans "l'après".



* * * * * * *


J-20 : Je reprends la rédaction de ce texte. Quelques bonheurs de ce week-end : j'ai cueilli des fleurs des champs pendant mon activité physique autorisée par l'article 3 du décret du 16 mars 2019. J'ai médité avec des millions de gens, j'ai chanté un peu et mangé des oeufs de Pâques. Mes vitres ne sont toujours pas lavées, et la future pleine-lune s'est levée chaque soir pile-poil face à mon canapé.


Puis j'ai décidé de cliquer sur "PUBLIER". Maintenant, vous savez.


N'hésitez pas à partager si vous sentez que cela vous fait du bien, ou pourrait en faire à quelqu'un <3 .



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©2016 by Mary REYNAUD